Le changement climatique : un défi partagé pour l’Afrique et le Monde ?
Le changement climatique : un défi partagé pour l’Afrique et le Monde ?
L’Afrique n’a pas été responsable de la crise financière et économique mondiale qui a débuté l’an passé et s’est étendue à tous les continents. Néanmoins, elle subit de plein fouet les conséquences de cette crise. Ses exportations diminuent par suite de la baisse de la croissance mondiale. Sa situation de l’emploi se détériore. Ses rentrées financières provenant du tourisme baissent. Les investissements étrangers sur son territoire se contractent. Les transferts financiers de ses migrants chutent. Selon le FMI, sa croissance qui était de 5 % en 2008 devrait tomber à 1,7 % en 2009. Alors que l’Afrique commençait à rétablir ses grands équilibres économiques les conséquences de la crise lui rendront plus difficile la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement, dont celui de la lutte contre la pauvreté. L’Afrique va devoir aussi relever un autre défi qui suscite des interrogations sur ses perspectives de solution : le défi du réchauffement de la planète et des migrations climatiques auxquelles le continent est déjà confronté. Ce phénomène risque dans le futur de créer de grands bouleversements en Afrique. Compte tenu des difficultés actuelles de ce continent il conviendrait que la communauté internationale aide l’Afrique à s’adapter au réchauffement climatique et aux migrations que celui-ci provoque.
I / Le réchauffement de la planète va continuer de créer des bouleversements climatiques en Afrique
- Une évolution inquiétante du climat
Depuis le 19ème siècle les impératifs de la production dans les sociétés industrielles ont entraîné l’utilisation de combustibles fossiles comme sources d’énergie. Cela a accru la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Un réchauffement des températures s’est produit. Celles-ci ont augmenté de O,5 degré durant la deuxième moitié du 2Oème siècle et de O,7 degré sur le siècle. Le réchauffement pendant cette période a été plus rapide que prévu. Désormais, la calotte glacière fond plus vite, la capacité des océans à absorber le dioxyde de carbone diminue, le climat devient variable et extrême. Les dix dernières années ont été dans le monde les plus chaudes depuis 1OOO à 2OOO ans. Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) prévoit que les températures augmenteront d’ici 2100 dans une fourchette de 1,1 degré à 6,4 degrés. Selon, l’Organisation des Nations - Unies (ONU), au delà d’un réchauffement de 2 degrés par rapport à la période préindustrielle un emballement incontrôlable du climat pourrait se produire. D’après l’étude réalisée par «l’Energy information Administration » (EIA), [1] si rien n’est fait pour limiter les émissions de gaz à effet de serre celles-ci pourraient augmenter de 39 % d’ ici 203O. Le réchauffement entraîne l’élévation du niveau des mers et des océans. Des climatologues estiment que ce niveau pourrait augmenter d’ici 2100 entre 18 et 59 cm par rapport à la période préindustrielle. D’autres évaluent cette augmentation entre 75 cm et 1,90m. Pour que le réchauffement moyen de la planète ne dépasse pas le seuil critique de 2 degrés par rapport au climat préindustriel il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 50 % par rapport à celles de 2OOO.Or, les émissions globalement continuent d’augmenter. Cette hausse est d’autant plus préoccupante du fait de la fragilité et de l’évolution des écosystèmes de la planète. Actuellement les écosystèmes stockent 25 % des émissions mondiales de carbone. Leur capacité de stockage va culminer vers 2050. Mais, à partir de cette date ils pourraient commencer à relâcher du carbone dans l’atmosphère. D’après le GIEC, « le pire des scénarios est en train de se produire ». Des bouleversements importants pourraient survenir concernant la répartition des populations sur la terre. Tous les continents risquent d’être affectés.
-Des bouleversements climatiques en Afrique
Les prévisions indiquent que le réchauffement climatique devrait augmenter en Afrique d’ici 2100 dans une fourchette de 2 à 6 degrés, et avec d’avantage de vigueur au Sahara et dans le centre de l’Afrique australe que sur les côtes. Alors que l’Afrique contribue peu à ce réchauffement (moins de 4%) elle a connu ces dernières années de grands bouleversements sous formes de tempêtes, de désertification, d’appauvrissement des sols, de pénurie d’eau, de sécheresses et d’inondations. Des sécheresses ont été et sont de plus en plus fréquentes et vigoureuses, particulièrement au Sahel, dans la corne de l’Afrique, et du côté de l’Afrique australe. Le Mozambique a été à plusieurs reprises affecté par ces sécheresses. En 2005 plusieurs pays de la corne de l’Afrique et du Sud du continent ont été éprouvés par celles-ci. Les modèles climatiques prévoient à l’avenir des sécheresses encore plus longues. D’importantes inondations dues à des pluies torrentielles sont de plus en plus fréquentes. Celles-ci ont causé des ravages dans plusieurs régions d’Afrique. En avril 2009, 5OO OOO personnes ont été touchées en Namibie, en Angola, en Zambie, au Malawi, au Botswana, au Mozambique. Actuellement, 6OO 000 personnes sont sinistrées au Niger, au Bénin, au Ghana, au Sénégal, au Burkina-Faso. Dans ce pays suite aux torrents d’eau qui se sont abattus pendant douze heures consécutives sur la capitale Ouagadougou la hauteur de pluie enregistrée ne s’était jamais vue depuis cent ans. De graves destructions, notamment agricoles, sont constatées, et des populations ont été déplacées. Pour prévenir les conséquences de ces sécheresses et de ces inondations, il conviendrait que la coopération internationale aide les agriculteurs africains à orienter certaines de leurs productions agricoles vers des cultures alternatives plus adaptées à ces dérèglements. L’appauvrissement des sols et la désertification handicapent la plupart des pays africains. Des pays pauvres comme la Somalie, le Burundi, le Niger, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Tchad, le Rwanda sont sensibles à ces nuisances qui incitent leurs populations à migrer. L’Afrique sera dans l’avenir très exposée aux conséquences de ce réchauffement. De grands bouleversements climatiques risquent de succéder aux nombreuses catastrophes dont ce continent a été l’objet au cours de la décennie. Une étude publiée le 2 septembre 2009 par un cabinet d’expertise Britannique des risques environnementaux souligne que sur les 28 pays exposés à un « risque extrême » par suite du réchauffement climatique, 22 sont en Afrique subsaharienne.
- Une aggravation des bouleversements ?
Ces bouleversements risquent de s’aggraver à l’avenir par suite d’une pénurie d’eau et de l’élévation du niveau des mers et des océans. Les ressources en eau pourraient être menacées par exemple en Ouganda ou au mont Kenya si la fonte de la calotte glacière des glaciers se poursuit. La baisse des débits et des niveaux des fleuves et des lacs dans plusieurs pays d’Afrique pourrait affecter les pratiques d’irrigation de l’agriculture. Le Nil en Egypte pourrait subir une diminution de son niveau de 40 % d’ici 2025. Le volume d’eau stocké dans le lac Tchad risque de diminuer. Selon le GIEC, en 2025 9 pays d’Afrique, principalement en Afrique Orientale et Australe feront face à une pénurie d’eau, et 12 seront en état de stress hydrique. A cette date 75 à 200 millions de personnes manqueront d’eau et la production agricole diminuera de 20 %. Le troisième rapport mondial sur les ressources en eau publié par les Nations-Unies le 12 mai 2009 énonce : « une crise planétaire des ressources en eau menace. Si rien n’est fait le développement humain, économique, et la stabilité politique de nombreuses régions du monde seront en péril ». L’Afrique sera probablement moins atteinte que l’Asie par l’élévation du niveau des mers et des océans. Néanmoins, nombre de villes côtières africaines devront relever le défi de ce phénomène. Les spécialistes du climat estiment que même si le réchauffement pouvait être stabilisé au cours du siècle sous les 2 degrés, l’élévation du niveau des mers et des océans se poursuivrait dans de nombreux secteurs côtiers africains. Celui-ci pourrait atteindre plus d’un quart des populations vivant à moins de 100 kms des côtes. Le GIEC juge que le nombre d’africains susceptible d’être concernés par ces fléaux côtiers pourrait passer d’1millon en 1990 à 7O millions en 2080. La zone côtière de l’Egypte où réside 40 % de la population pourrait être durement frappée. Banjul, capitale de la Gambie, Abidjan, capitale de la Côte d’Ivoire, Lagos, capitale du Nigeria, pourraient être submergées. Au Nigeria, 6000 kms de terres arables seraient dévastées, 259 gisements de pétrole inondés. Les pertes économiques pourraient être pour ce pays de 10,8 milliards de dollars. Les destruction d’infrastructures indispensables à l’économie de tous ces pays (routes, voies ferrées, aérodromes) leur causera un grave préjudice. Ceux-ci devront parvenir à gérer une masse considérable de migrants climatiques.
-L’Afrique est vulnérable aux bouleversements climatiques.
La situation économique de l’Afrique dépend étroitement du climat.180 millions de personnes vivent sur ce continent dans des régions très dépendantes de ce climat. La plupart d’entre elles tirent leur revenu de l’agriculture qui est particulièrement sujette au climat. Une partie importante des terres arables se trouvent dans les régions les plus sèches où vit un tiers de la population du continent. Cela renforce le handicap provoqué par la situation. D’ici 2050 le réchauffement climatique pourrait affecter 1 million de kilomètres carrés de ces terres arables. Une étude du PNUD a évalue à l’horizon 2060 les conséquences pour les zones non irriguées d’Afrique subsaharienne d’une augmentation de température de 2,9 degrés accouplée à une baisse de 4 % des pluies. Il en résulte une réduction des revenus par hectares de 25% représentant une perte de 26 milliards de dollars.75 à 250 millions de personnes supplémentaires pourraient perdre leurs moyens de subsistance en Afrique par suite du réchauffement d’ici la prochaine décennie.
-Un nombre croissant de migrants climatiques ?
Estimer le nombre de migrants climatiques est un exercice relatif. Il est difficile de distinguer les causes environnementales d’une migration d’autres causes économiques, politiques, sociales, sécuritaires. Souvent ces causes s’additionnent ou se mélangent. Néanmoins, d’après l’Agence des Nations - Unies pour les réfugiés (UNHCR) il y avait fin 2007 25 millions de personnes dans le monde qui ont dû quitter leur lieu de vie du fait de catastrophes naturelles, dont une grande partie en Afrique. Selon les prévisions, 6 millions de personnes, dont la moitié par suite de ces catastrophes pourraient chaque année devoir quitter leur résidence. Le GIEC évalue à 250 millions le nombre de migrants climatiques d’ici 2O5O. Ce chiffre est quasiment identique à ceux exprimés par l’Agence des Nations -Unies pour les réfugiés, le rapport Stern de 2006 sur « l’économie du changement climatique », et le rapport publié le 10 juin 2OO9 de l’ONG CARE. L’association humanitaire britannique Christian AID prévoit un chiffre plus élevé. Selon celle-ci, 1 milliard de personnes pourraient devoir être déplacées d’ici 2O5O. Dans toutes ces estimations sont incluses les millions de migrants climatiques africains que les bouleversements futurs obligeront à quitter leur lieu de vie habituels, pour se déplacer dans leur pays, dans un pays voisin, ou dans un pays du Nord. Cela risque d’avoir des conséquences sérieuses pour le continent africain qui est fragilisé et à de grands défis à relever.
-Des conséquences pour l’Afrique
Les migrations climatiques risquent d’avoir pour le continent africain des conséquences humaines, financières, économiques, sociales, culturelles, sécuritaires. L’éparpillement des communautés et la perte de leur lien avec leur environnement traditionnel générera la disparition des savoirs, des philosophies, des langues, des cultures de ces pays. Cela portera atteinte à leur patrimoine et à celui de l’Afrique. Les villes africaines, (et particulièrement celles proches des côtes) pourraient se trouver dans une grande vulnérabilité. Ces villes ont été l’objet au cours de la décennie d’un afflux de populations du fait d’un exode rural important. Cela a entraîné une urbanisation souvent mal contrôlée, anarchique, et massive. Ces villes auront des difficultés pour accueillir une masse de réfugiés des campagnes qui devront les rejoindre par suite d’inondations, de sécheresses, ou de désertification, dans leur lieu de vie habituel. 165 millions de personnes vivent actuellement dans les villes d’Afrique subsaharienne. Selon les prévisions en 2050 38 % de la population africaine sera urbaine. Les villes africaines sont formées aux deux tiers de quartiers informels qui manquent d’infrastructures, d’équipements, de services sociaux et éducatifs. La promiscuité engendrée par des populations venues de secteurs fragiles en matière de santé du fait des catastrophes, et qui pourraient être laissées à l’abandon dans le lieu d’accueil risque d’accroître la propagation de maladies. En 2OO7 en Afrique de l’est les inondations ont favorisé de nouveaux sites de reproduction pour des vecteurs de maladies comme les moustiques. Cela a déclenché des épidémies de paludisme. Des études ont signalé qu’à cause du changement climatique et des migrations 21 millions de personnes supplémentaires pourraient être atteintes par le paludisme en Afrique. Le paludisme sur ce continent réduit de 1,3 % la croissance économique des pays les plus touchés et entraîne une perte de 12 milliards de dollars pour le PIB de l’Afrique. Si ces migrations ne sont pas correctement gérées par des actions de prospective et d’adaptation elles risquent d’être un handicap pour les Pays d’Afrique, surtout pour les plus pauvres, et une menace pour la paix du continent et la sécurité internationale.
-Un handicap au développement de l’Afrique
Au-delà des risques immédiats qu’elles occasionnent (destruction des habitats, rareté de la nourriture, propagation des maladies), de par la perte des moyens de production qu’elles entraînent, les catastrophes écologiques peuvent faire perdre à l’Afrique des années de développement. En provoquant des migrations climatiques elles aggravent les problèmes que ce continent connaît déjà. L’Afrique est parvenue ces dernières années à réaliser globalement des progrès. Sa croissance économique a approché 5 %. Sa situation en matière d’investissement étranger a progressé. Des pays africains ont maîtrisé leur inflation, équilibré leurs budgets, assaini leur endettement. On ne saurait confondre taux de croissance et développement humain. L’Afrique a besoin pour se développer d’augmenter sa production et de créer des activités porteuses de valeur ajoutée. Les migrations climatiques risquent de désorganiser le continent et de contrarier cet objectif. Les pays africains confrontés au déplacement ou à l’accueil de migrants seront contraints d’affecter leurs budgets à l’urgence (nourriture, logement, soins, éducation des migrants) au détriment du financement d’actions de fond plus favorables à terme au développement. Pour les mêmes raisons l’aide au développement attribuée à ces pays par les pays du nord a de fortes chances de suivre le même cheminement. La pression exercée par les migrants sur l’eau et la terre, accompagnée de leur rareté, ne manquera d’entraîner une baisse de la productivité du travail laquelle sera déjà amputée par les violences que créera la rareté de ces facteurs. Les investissements étrangers et internes risquent de baisser par un manque d’attractivité causé par une situation de catastrophe climatique dans des zones rurales exposées et de désorganisation économique dans des villes surpeuplées. La poursuite du développement de l’Afrique passe par la maîtrise de ses migrations.
-Une menace pour la paix en Afrique ?
« Sans moyen de lutter contre le changement climatique et ses conséquences que sont les migrations climatiques les capacités adaptatives de nombreuses sociétés dans les décennies à venir seront détruites ». [2] Les migrations risquent d’entraîner en Afrique des situations de violences qui enfreindront la paix sur le continent et menaceront la stabilité internationale. Le lien fort existant entre migrations et conflits a été souligné dans le rapport Stern en 2006. Ce jugement a été confirmé par le GIEC dans son rapport de 2007, et par celui du Conseil consultatif scientifique du gouvernement fédéral Allemand pour les questions relatives aux changements environnementaux mondiaux. Les auteurs de ce rapport pensent que le déclin de la production alimentaire et la dégradation des eaux seront des causes importantes de conflits. Dans les territoires d’accueil de migrants une lutte entre ceux-ci risque de se produire pour le partage des eaux et pour l’utilisation des terres disponibles.[3]Cette pression sur la terre sera d’autant plus forte que la disponibilité des terres arables par personne en Afrique a chuté ces dernières années, et que 15 à 20 millions d’hectares de terres africaines ont été cédés à des pays étrangers dans un passé récent. Cette lutte pour le partage de la terre sera d’autant plus à contre courant que selon les experts il faudrait trouver d’ici 2030 120 millions d’hectares de terres agricoles supplémentaires pour assurer la sécurité alimentaire mondiale. L’Afrique est actuellement en ébullition dans une grande partie du continent. Le choc provoqué par des migrations de populations ne pourra qu’enflammer la braise en exacerbant des conflits en cours ou en en déclenchant de nouveaux, ce qui aura pour effet de voir s’ajouter aux migrants climatiques des déplacés par suite de ces conflits. Le conflit au Darfour (Soudan) a montré que les migrations venues de régions sèches à destination de régions humides ont pour effet de créer des antagonismes entre populations pour l’utilisation des ressources (agriculture et élevage) et de dégénérer en violence. Les déplacements de population du Nord vers le sud de la Côte d’Ivoire suite à des conflits fonciers au Nord ont été des causes importantes de la crise dans ce pays. Compte tenu de leur situation climatique, économique, politique, sociale, et sécuritaire fragilisée, des zones comme le Sahel, l’Afrique Centrale, et la Corne de l’Afrique, pourraient être sujets à des violences par suite de migrations. Des pays comme la Somalie, le Soudan, le Tchad, le Niger pourraient être particulièrement exposés à ces crises.[4] Les tensions risquent d’être encore plus vives si les migrations sont accompagnées de famines et d’épidémies dans des Etats qui connaissent déjà la crise, la post-crise, la transition politique, et qui en plus subissent une faible activité économique et une forte croissance démographique. De telles violences pourraient entraîner des pertes de vie humaines importantes et un coût économique et financier élevés. Elles risquent de produire dans des secteurs de l’Afrique comme par exemple la bande Sahélienne, une recrudescence de la menace islamiste. Elles pourraient en venant augmenter la pauvreté dans les zones concernées favoriser l’accroissement de la criminalité : trafic de drogue, voire production et raffinage sur place, blanchiment d’argent sale. Il conviendrait que la Communauté internationale de concert avec ses partenaires africains élabore une stratégie pour prévenir cette situation. Le coût des conflits est élevé. Cela est moins onéreux de les résoudre a priori.
-Un continent fragilisé
L’Afrique dispose de multiples et d’importants atouts pour affronter l’avenir : la richesse de son sous sol en minerais, en pétrole, et en matières premières agricoles, l’ampleur et la jeunesse de ses ressources humaines, le dynamisme de son économie informelle, la créativité et les qualités d’adaptation de ses populations, l’émergence de sa société civile à travers le tissu associatif, le rôle majeur joué par les femmes dans le développement etc. Cependant, elle risque d’être freinée dans son cheminement par un phénomène de migrations climatiques dont l’effet sera de renforcer ses facteurs de fragilités sur le plan économique, politique, social, sécuritaire, culturel.
. Fragilité économique : l’Afrique comprend 34 des 49 PMA dans le monde. Elle représente seulement 1 % du PIB mondial et 2 % du commerce mondial. Son PIB est inférieur à ce qu’il était en 1960. Son taux de croissance ne lui permet pas d’améliorer son indice de développement humain. Sa production industrielle est insuffisante. Son agriculture n’est pas assez compétitive. Ses capitaux partent à l’étranger au lieu d’être investis sur place. Les investissements qu’elle reçoit de l’étranger sont encore faibles. Son économie repose sur des cultures de rente (matières premières agricoles, pétrole, minerais,) ce qui la rend sujette à la variation des cours mondiaux et ne lui permet pas d’affirmer son indépendance économique. Son taux d’épargne est très inférieur à ce qu’il est dans les pays émergents. Son taux d’endettement reste élevé. Sa pauvreté est en augmentation. Son insertion dans le commerce mondial est lente. Ses infrastructures de transports, de communications, d’éducation, de santé, manquent ou sont défectueux.
.Fragilité politique : l’Afrique s’initie lentement à la démocratie. Même si elle n’a pas de leçons à recevoir de ses partenaires occidentaux elle entend encore progresser en matière de gouvernance, de corruption, et de droits de l’homme.
.Fragilité sociale : A cause de son retard économique l’Afrique à des difficultés à réaliser des avancées suffisantes en matière sociale. La plupart de ses pays arrivent à la fin dans le classement de l’indice de développement humain. L’espérance de vie d’un africain à sa naissance n’est que de 54 ans. 300 millions d’Africains n’ont pas accès à l’eau potable. La répartition inéquitable de ses richesses ne lui permet pas d’avoir des stratégies efficaces en matière de santé, d’éducation, et de formation, indispensables à son développement.
.Fragilité sécuritaire : Le nombre de conflits en Afrique a diminué par rapport à la décennie précédente, mais ceux qui restent sont longs et très meurtriers, se font avec des armements sophistiqués, impliquent les populations civiles, portent de graves atteintes aux droits de l’homme. De par leur ampleur ils s’étendent subrepticement à des régions entières, comme c’est le cas au Darfour, en Somalie, en République Démocratique du Congo (RDC). Malgré les mesures de protection prises par les autorités en place et la communauté internationale l’islamisme et le terrorisme sévissent sur ce continent.
. Fragilité socio- culturelle : l’Afrique reste sujette au phénomène ethnique même s’il ne convient pas d’en exagérer la portée. Elle est attachée à des croyances et des pratiques culturelles et religieuses qui en dépit de leur richesse ne sont pas toujours adaptées aux impératifs des économies modernes. Son système de production qui repose sur la famille conduit à privilégier l’investissement dans les liens sociaux plutôt que dans l’accumulation du capital. Contrairement à l’Asie l’Afrique peine à réaliser des alliances constructives entre ses pouvoirs et ses entrepreneurs en vue d’accroître la productivité des facteurs et la compétitivité des économies. Les tiraillements qui se font désormais sentir entre de nouvelles tendances à l’individualisme exprimées par ses citoyens et un système de valeurs incrustés au plus profond des communautés africaines soumets à des tensions les équilibres culturels traditionnels des sociétés de ce continent.
-Des défis à relever
Ces défis sont : la hausse nécessaire de sa croissance, le développement de son agriculture, les progrès de sa démocratie, l’amélioration de sa gouvernance, son insertion dans le commerce mondial, sa lutte contre la corruption, sa maîtrise du paludisme et du Sida, la résolution de ses conflits. Mais, surtout deux autres défis majeurs qui sont liés entre eux et qui risquent de rendre la maîtrise de ses migrations climatiques plus compliquée : sa croissance démographique débridée et sa pauvreté endémique.
Une croissance démographique débridée : D’ici 2030 les pays africains vont devoir gérer en moyenne un doublement de leur population totale. En 2050 l’Afrique approchera 2 milliards d’habitants. Une explosion de la population urbaine s’accompagnera d’une forte densification de la population rurale, y compris au sahel. Cette croissance de la population rurale ne manquera pas de poser des problèmes exacerbés particulièrement concernant les droits fonciers et la répartition de la terre. Cela risque aussi d’entraîner une forte pression sur les réserves d’eau potable, sur les services d’éducation et de santé, sur les terres cultivables, et de menacer la sécurité alimentaire. Or, ce sont les zones les plus vulnérables d’Afrique, la plupart du temps rurales, qui connaissent les plus forts taux de croissance démographique. Celles-ci seront les plus touchées par l’arrivée de migrants. Cette situation risque de réduire les ressources disponibles dans les terres d’accueil et d’accroître la compétition entre migrants. Actuellement la moitié de la population africaine a moins de 25 ans et les deux tiers moins de 35 ans. Ces tranches d’âge jeunes vont augmenter à l’avenir avec toutes les conséquences que cette situation aura en matière d’emploi, alors qu’une grande partie de la jeunesse africaine est au chômage. Entreprendre de réduire la croissance démographique de l’Afrique serait un moyen d’abaisser le nombre d’émetteurs de gaz à effet de serre sur ce continent et de diminuer celui des migrants climatiques potentiels. Remettre cette question démographique au cœur de l’agenda du développement et consacrer une partie importante des budgets au domaine de la santé et de la reproduction serait probablement nécessaire.
Une pauvreté endémique : Selon l’OCDE, l’Afrique Subsaharienne est l’une des régions du monde où le nombre de pauvres a augmenté au cours de la dernière décennie. Dans cette zone en moyenne plus de 50 % des personnes vivent au dessous du seuil de pauvreté. Cette situation s’est récemment aggravée du fait de la hausse des denrées alimentaires et de la crise économique mondiale. Il est prévu que cette pauvreté sur ce continent et dans le monde augmente à l’avenir. Selon les prévisions de la FAO, 1,2 milliards de personnes pourraient être victimes de la faim dans le monde d’ici 2025. L’Afrique subsaharienne serait la plus touchée avec à cette date 180 millions de personnes sous alimentées. Selon M. Michel Camdessus [5] « la capacité de production alimentaire en Afrique pourrait se trouver réduite de 50 %, et 75 à 125 millions de personnes pourraient être obligées de migrer vers d’autres pays du continent, en Europe, ou ailleurs ».
L’adaptation de l’Afrique au réchauffement et aux migrations climatiques est un défi pour celle-ci car cette question dépend étroitement de son niveau de développement. Or, comment pourrait-elle sans paradoxe réussir à adapter des infrastructures et des services qui souvent n’existent pas où sont imparfaits ? Seul un codéveloppement efficace, et à armes égales, entre l’Afrique et la communauté internationale, reposant sur une stratégie commune et des efforts partagés pourrait éviter à l’Afrique une déstabilisation dangereuse pour la sécurité du monde.
II / La communauté internationale a intérêt à aider l’Afrique à maîtriser ses migrations climatiques
Pour des raisons humaines, économiques, financières, sécuritaires, et migratoires, la communauté internationale n’a pas intérêt à ce que des migrations anarchiques déstabilisent l’Afrique. Actuellement les migrants africains se rendent en priorité vers d’autres pays du continent.». Lorsqu’il y aura 250 millions de migrants dans le monde, dont la plupart en Afrique, il est probable que malgré la situation de pauvreté qui interdira au plus grand nombre de ces migrants de sortir d’Afrique une partie non négligeable d’entre eux tenteront de gagner l’Europe avec les multiples conséquences qui en découleront pour ce continent. Il serait bienvenu que la communauté internationale prévoit et agisse déjà afin d’éviter que le coût de la maîtrise des migrations soit plus onéreux pour elle a posteriori qu’à priori. Cette question est un problème qui exige une prospective et des actions qui ne peuvent être envisagées que globalement grâce à une coopération entre Etats. Certaines de ces actions sont urgentes d’autres peuvent être entreprises à moyen terme.
. Agir dans l’urgence
-Réduire les émissions de gaz à effet de serre
La plupart des scientifiques estiment que le réchauffement climatique est la conséquence du comportement humain. Abaisser ce réchauffement permettrait de diminuer le nombre de migrants dans le monde et en Afrique. Le GIEC a signalé l’urgence de cette démarche. Selon Rob Vos, directeur du département des affaires économiques et sociales de l’ONU « si l’on ne réduit pas les émissions de gaz à effet de serre de façon significative les dommages causés à l’économie des pays pauvres d’Afrique seront dix fois supérieurs à ceux enregistrés dans les pays développés ». La Communauté internationale a organisé depuis une décennie de nombreuses rencontres climatiques entre pairs. Des accords ont été signés. Notamment, la Convention de l’ONU sur le changement climatique et l’accord de Kyoto de 1997. Ce dernier expirera fin 2012. La conférence de Copenhague (Danemark) en décembre prochain fixera les stratégies et déterminera les actions climatiques à suivre pour les prochaines années.
Europe : objectifs ambitieux : résultats limités
L’Union européenne joue un rôle majeur en matière de lutte contre la réduction des gaz à effet de serre. Elle s’est fixée l’objectif d’inclure le changement climatique dans sa politique de coopération à l’égard de l’Afrique et des autres pays en développement. En 2003 l’Union a adopté un plan d’action (2004-2008) complété postérieurement par un autre qui vise à sceller une alliance renforcée entre l’Union et les pays pauvres vulnérables au changement climatique. Un Fonds pour la promotion de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables dans la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement (GEEREF) a été crée.[6] L’Union a prévu d’affecter au changement climatique 345 milliards d’euros dans le cadre de sa politique de coopération au développement. Néanmoins cette politique de l’Union décline des moyens et des résultats qui ne sont pas à la hauteur des ambitions exprimées : les transferts financiers de l’Union vers les pays du sud, dont l’Afrique, ne sont pas clairement définis. Avant Copenhague, l’Union serait prête à attribuer aux pays du sud à titre de compensation dans la lutte contre le réchauffement climatique entre 2 et 15 Milliards d’euros à partir de 2020, alors que selon des experts l’effort demandé à ces pays nécessiterait 30 milliards d’euros. Par ailleurs, l’aide au développement de l’Union en matière de climat manque de visibilité, d’efficacité, de cohérence, de prévisibilité, et de suivi. L’Union a cependant réalisé des progrès en matière de réduction de ses gaz à effet de serre. Elle a réduit ses émissions pour la troisième année consécutive. Cette baisse a été en 2007 de 50 millions de tonnes par rapport à 2006.
France: avant-garde de l’action climatique
La France accorde une attention particulière à la lutte contre le changement climatique. Son attitude en ce qui concerne la réduction de ses gaz à effet de serre est un gage de sa crédibilité internationale. Par son plan climat de juillet 2004 et son Grenelle de l’environnement qui représente un investissement de 440 milliards d’euros sur dix ans elle a fixé ses orientations en ce domaine. Elle entend diviser par quatre d’ici 2050 ses émissions de gaz à effet de serre, instituer une taxe carbone et donner priorité à l’énergie solaire. Selon les prévisions d’Eurostat elle devrait réduire de 22, 8 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2O2O. Elle joue un rôle de premier plan en matière de climat au sein de l’Union Européenne. Lors de la réunion des Ministres européens de l’environnement de Luxembourg le 25 juin dernier en vue de la Conférence de Copenhague elle a présenté à ses partenaires un mémorandum de compromis proposant une réduction d’émissions de gaz se situant entre 25 et 40 % dans les pays développés d’ici 2020. Grâce à son influence les membres de l’Union ont trouvé un accord sur le triple objectif à donner d’ici 2020 à l’action climatique de l’Union : réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre, consommer 20 % d’énergies nouvelles, économiser 20 % d’énergie. La France est un pays en pointe pour la réalisation de projets de coopération concernant le climat en Afrique. Elle s’efforce de démontrer par ses actions sur le terrain que le développement peut s’adapter à l’environnement. Plus de la moitié des projets du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) en matière de changement climatique concernent l’Afrique subsaharienne et la Méditerranée. Cependant celle-ci pourrait peut-être mobiliser plus également selon les années les crédits de cet organisme et envisager une meilleure mobilisation de ceux-ci ? Il serait opportun qu’elle puisse maintenir la hausse de ses engagements climats réalisée ces dernières années en Afrique subsaharienne.
Communauté internationale : une application difficile du consensus
La Communauté internationale malgré des divergences entre pays du Nord et pays du Sud est consciente de la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique. Il existe une identité de vue sur la contribution des émissions de gaz à ce réchauffement. Un accord est plus difficile à trouver sur la manière de réduire ces émissions, sur le degré approprié de leur réduction, et sur la détermination des moyens financiers d’accompagnement de cette réduction. Il n’est pas rare que les bailleurs de fonds financent dans des pays africains des projets de réduction des gaz à effet de serre. L’accent est souvent mis en direction des villes de pays pauvres d’Afrique. Or, les émissions de gaz de ces villes sont faibles. Il est peu probable que de tels programmes évitent à ces populations, notamment celles des bidonvilles, de devoir migrer en cas de bouleversements climatiques.
-Préserver les écosystèmes
L’Afrique est l’objet d’une destruction de ses écosystèmes. Cette détérioration touche particulièrement ses mangroves et ses forêts. 60 % des services rendus par les écosystèmes sont en déclin en Afrique. Les mangroves ont perdu 20 % de leur superficie dans le monde entre 198O et 2005 et l’Afrique n’a pas été épargnée par ce phénomène. En 60 ans le monde a perdu la moitié de ses forêts tropicales. Chaque année 13 millions d’hectares de forêts sont détruits ou endommagés, particulièrement en Afrique. Non seulement ces forêts sont le lieu de vie de millions de personnes dont l’existence dépend d’elles mais elles jouent un rôle crucial dans la production d’eau douce et de pluie, dans la protection contre les tempêtes et les inondations, dans le stockage de grandes quantités de carbone. La destruction de la forêt tropicale est l’une des causes les plus importantes d’émissions de gaz à effet de serre. Elle provoque chaque année plus d’émissions de ce gaz que l’ensemble du secteur des transports à travers le monde. Stopper la déforestation serait l’une des façons les plus rapides et les plus sûres de ralentir le changement climatique.[7] Dans son rapport de 2006 sur le climat, Lord Stern estime que la réduction de la déforestation serait une mesure rentable sur le plan économique et que si on y consacrait 10 à 15 milliards de dollars par an on pourrait d’ici 2030 réduire de moitié cette déforestation. La déforestation est cause de la désertification à laquelle l’Afrique est sujette. Il serait utile que la coopération internationale continue à aider l’Afrique dans sa lutte contre ce phénomène en soutenant des actions telles que celle mise en place récemment au Burkina-Faso.[8]
Grâce à sa forêt tropicale qui cerne le bassin du Congo dont la capacité de séquestration du carbone est importante, (où six pays africains se partagent 227 millions d’hectares)[9] l’Afrique possède un moyen essentiel pour faire baisser le réchauffement de la planète. Peut-être conviendrait-il que la coopération internationale incite d’avantage les pays africains à préserver leurs forêts en multipliant dans leur direction des programmes de lutte contre la déforestation et en leur permettant d’accéder plus facilement à ces programmes? Cela aurait l’avantage de persuader ces pays d’entreprendre des actions comme celle initiée le 2 3 juin 2009 à Bamako(Mali) où 11 pays d’Afrique ont créée l’Agence panafricaine de la grande muraille verte,[10] ou de réaliser des opérations telles que celle qui a été entreprise au Sénégal. [11] Par une déclaration d’Alger de juillet 2009 les pays africains ont adopté un plan triennal contenant des projets relatifs au développement des énergies durables, à la lutte contre la dégradation des terres, et à la gestion durable des forêts qui leur servira de base lors des futures négociations de Copenhague. S’il est nécessaire cependant d’engager des programmes de reboisement il est indispensable de suivre en priorité des politiques rigoureuses de conservation des forêts en collaboration avec les communautés rurales. Un rapport réalisé en juin 2009 par l’Autorité de gestion et de l’environnement de l’Ouganda souligne que ce pays a perdu un tiers de sa forêt depuis 1990 par suite de l’extension des terres arables, d’une augmentation rapide de la population, et d’une urbanisation croissante. Le mécanisme de développement propre (MDP) pourrait être utile à l’Afrique tant en ce qui concerne le développement de ses énergies nouvelles que la préservation de ses forêts.[12] Mais, ce système est complexe pour les pays d’Afrique dont les capacités techniques sont limitées. Il est aussi très contraignant quant au montage de projets et à leur procédure de validation. L’Afrique est pratiquement absente du bénéfice de ces fonds crées par la banque mondiale. Il serait utile que les pays africains puissent bénéficier d’avantage des MDP et que ceux-ci soient l’objet d’une distribution équitable entre ces pays. Peut-être conviendrait-il de réfléchir à la mise en place d’un mécanisme financier spécifique en vue de préserver les forêts en Afrique ? Le recours à des financements innovants serait une piste à envisager afin de rétribuer correctement les pays gardiens des forêts tropicales pour les services environnementaux qu’ils fournissent et ainsi surpasser les forces qui poussent à la déforestation. La protection des forêts en Afrique est une question délicate à gérer pour les gouvernements africains car elle pose en toile de fond la question de la pauvreté et de la croissance démographique dans les zones rurales africaines.
- Développer les énergies nouvelles
L’Afrique dispose de possibilités considérables en matière d’énergies nouvelles. (énergie éolienne, énergie solaire, géothermie, biocarburants etc). Or, celles-ci sont très peu utilisées. Aider d’avantage l’Afrique à multiplier l’utilisation de ces énergies serait un moyen utile de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Une initiative Française a été lancée le 28 mai 2009 à Nairobi au Kenya lors de la réunion des ministres africains de l’écologie. Cette initiative vise à s’attaquer à la pauvreté énergétique de l’Afrique en apportant à ce continent de l’électricité tout en luttant contre le réchauffement climatique, grâce au lancement avant 2012 d’une série de projets pilotes permettant à tous les africains d’accéder à des énergies propres. 400 milliards d’euros sur 25 ans doivent être affectés à ce projet pour lequel la France a déjà consacré 10 millions d’euros. Une autre initiative d’origine française a été prévue dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée à travers deux projets qui seront mis en œuvre prochainement : la construction d’une centrale photovoltaïque au Maroc et la mise en place de pompes d’irrigation alimentées par des panneaux solaires en Tunisie.[13]Il conviendrait que l’Union Européenne soutienne d’avantage en Afrique des projets de ce type qui favorisent le développement des énergies nouvelles. Le mécanisme de développement propre (MDP) pourrait apporter à l’Afrique des flux financiers nécessaires à la mise en place de ces énergies, s’il était mieux adapté à la situation des pays africains. Cependant, même si les émissions de gaz à effet de serre s’arrêtaient actuellement la température ne cesserait pas d’augmenter immédiatement. La véritable urgence pour l’Afrique est de se préparer à s’adapter aux migrations climatiques auxquelles elle sera de plus en plus confrontée.
-Aider l’Afrique à s’adapter aux migrations climatiques
Les grandes sécheresses des années passées au Sahel ont prouvé les capacités des populations africaines à s’adapter aux conséquences climat. Mais, celles-ci pourraient s’amenuiser si le poids du fardeau devenait trop lourd du fait de la répétition et de la vigueur des sinistres. Ces capacités risquent d’être obstruées par suite des contraintes financières, du manque de compétences techniques, des moyens de recherche faibles, d’une gouvernance parfois insuffisante qui caractérise des pays africains. Les possibilités de maîtrise par les pays africains de leurs migrations dépendront d’abord de la qualité de la gouvernance existante dans ces pays. Il conviendrait en priorité que la coopération internationale multiplie et renforce ses programmes destinés à l’appui institutionnel des pays africains les plus exposés aux migrations environnementales pour éviter que les populations de ces pays se trouvent dans des situations de vulnérabilité. Peut-être devrait-elle améliorer la cohérence de leurs actions en systématisant la prise en compte du climat dans leurs projets de coopération en direction de l’Afrique. Cela permettrait d’aider les pays africains à prévenir et à gérer le déplacement de ses populations.
.Prévenir les déplacements de populations
La façon la plus efficace pour les pays africains de s’adapter aux migrations serait de les prévenir par la mise en place d’actions préventives permettant à leurs citoyens de rester sur place. Cette démarche nécessite d’identifier les zones africaines les plus exposées aux sinistres. Des experts estiment que celles-ci pourraient être le Sahel, la corne de l’Afrique, l’Afrique de l’est, une partie de l’Afrique australe, certaines villes côtières africaines exposées à l’élévation du niveau des mers et des océans. A l’intérieur de ces secteurs, il est nécessaire d’identifier les populations les plus vulnérables qui manquent d’infrastructures de protection. Dans les villes les dégâts ont lieu surtout sur les habitats de localisations spontanés qui ne sont pas construits en dur, qui n’ont pas de réseaux d’eau potable et d’assainissement, qui manquent d’électricité, où les ordures ne sont pas ramassées. Cette situation vient aggraver les conséquences des désastres et incitent les populations au départ. Ce sont souvent les plus pauvres d’entre elles qui sont installées sur les terrains les plus exposés, comme par exemple les zones inondables, et dans des endroits dépourvus d’infrastructures, parce que seuls ces lieux sont à leur portée. Celles-ci hésitent à quitter ces zones même temporairement par peur de ne pas pouvoir s’y réinstaller. Les déplacements de populations risquent d’entraîner à l’avenir de fortes pressions sur les villes africaines et leurs bidonvilles. Il serait utile que les pays africains anticipent cette situation, en incitant au déplacement les personnes qui habitent dans des zones à risque et en identifiant les terres inutilisées pour planifier leur réinstallation. S’engager dans cette voie implique de réfléchir au processus de décision qui permettra d’apprécier l’opportunité de déplacer des communautés, compte tenu du fait qu’il y a en Afrique une lutte permanente entre les autorités et les populations pour l’occupation de l’espace. Une étude de la Banque Mondiale publiée en juillet 2009 « sur les aspects sociaux du changement climatique dans les zones urbaines des pays pauvres » recommande d’aider les villes de ces pays dans leur effort d’adaptation aux migrations. Des faits passés ont montré qu’en cas de péril climatique les populations sinistrées s’appuient sur des groupes locaux en recourant notamment à des systèmes d’épargne locaux. Les besoins de ces populations pourraient être mieux perçus si les bailleurs de fonds travaillaient plus étroitement avec ces associations qui pratiquent le terrain et qui sont imprégnées des traditions locales ancestrales issues d’une connaissance de l’environnement. Une compréhension plus juste de ces besoins permettrait la mise en place de plans d’aménagements d’ensemble et de programmes d’aide adaptés aux souhaits des pays africains qui réalisent des actions préventives afin de garder leurs populations sur place. Ces actions peuvent avoir pour but une meilleure diffusion des prévisions météorologiques, la transformation des habitats insalubres, l’attribution de subventions pour l’octroi d’un second logement sur des terres plus élevées, un changement des dates de plantation des cultures en fonction de la variation des pluies, le remplacement des cultures du millet et du sorgho régulièrement dévastées par celles du riz plus adaptées à l’eau, la récupération des eaux de pluies, la construction de canaux ou de routes équipées de systèmes de drainage et d’évacuation, le recours plus fréquent aux engrais pour développer les productions alimentaires, l’adoption de stratégies destinées à empêcher les dégâts côtiers dans des pays situés près des côtes. Les plans d’action nationaux pour l’adaptation au changement climatique (PANA) [14]des pays africains seraient un moyen utile pour ces pays de définir en leur sein des stratégies d’adaptation aux migrations climatiques. Stabiliser les populations sur place nécessiterait également une assistance au montage de projets qui ont une rentabilité interne et qui créent des emplois en investissant dans la formation des ressources humaines et dans l’agriculture familiale. Actuellement, les aides allouées par la communauté internationale en cas de bouleversements climatiques sont plus importantes pour les opérations d’urgence que pour les programmes de prévention. Peut être serait-il envisageable de réaliser un effort en ce domaine ?
.Gérer les déplacements de populations
Les pays qui accueillent les populations déplacées sont ceux qui subissent les premiers chocs. La gestion des migrants exige des autorités des pays d’accueil un effort d’adaptation considérable pour répondre aux besoins de nourriture, de logement, d’éducation, d’emploi, de sécurité, de santé etc. des populations déplacées. Le succès de cette entreprise dépend de leur capacité à créer un ensemble de services, d’infrastructures physiques, de plans de gestion des risques, de régulation des droits de propriété, de diffusion de l’information, de coordination de l’action des décideurs, d’organisation sociale, de maintien de l’ordre public, de la paix. En Afrique les Etats ne disposent pas des moyens techniques, financiers, et de gouvernance nécessaires pour apporter tous ces services aux populations de même qu’il leur est difficile d’assurer la reconstruction des habitations. Les populations pauvres des villes et des campagnes africaines sont très vulnérables aux désastres climatiques faute d’épargne et de possibilités d’indemnisation possibles. Pour éviter de graves conséquences sociales il conviendrait que la coopération internationale soutienne les politiques de gestion des migrations de ces pays et en priorité celles des plus pauvres, car ce sont eux qui disposent le moins de moyens pour répondre au défi de la migration. Commencer à organiser un réseau de solidarité internationale notamment en collectant déjà de l’aide humanitaire et en mettant des stocks de côté serait prudent. L.Craig Johnstone, Haut commissaire des Nations - Unies pour les réfugiés estime que les agences humanitaires devraient multiplier par dix ou par vingt leurs réserves de nourriture, de médicaments, et d’eau, qu’elles gardent en stock pour les urgences afin de parer aux migrations. Le recours à l’aide humanitaire pose la question du rôle et du mandat du Haut Commissariat des Nations- Unies pour les réfugiés (HCR) qui reste mal défini en cas de catastrophes naturelles. Ce dernier ne dispose pas d’un mandat pour intervenir dans ce genre de situations et ses interventions ne sont pas systématiques. Afin de donner aux migrants la possibilité de retourner sur leur terre dès que les circonstances le permettent peut-être serait-il opportun de créer des fonds d’urgence. La prise en compte des besoins des pays africains pour maîtriser leurs migrations nécessite également que ceux-ci soient d’avantage présents dans les débats et au sein des mécanismes internationaux relatifs au climat.
. Agir dans le temps
-L’agriculture : un espoir pour l’Afrique ?
L’agriculture africaine occupe 70 % de la population de ce continent. Celle-ci est très vulnérable au climat. Selon une étude de l’ONUAA réalisée en 2000 « dans le futur le réchauffement des températures et les contraintes hydriques menaceront directement les récoltes en Afrique ». Des experts estiment que « dans le pire des scénarios de réchauffement la perte agricole potentielle de l’Afrique pourrait s’élever à 194 milliards de dollars ». L’agriculture en Afrique est la source vitale d’alimentation particulièrement pour les personnes les plus pauvres. Ces dernières décennies les pays africains ont été encouragés par les bailleurs de fonds à exporter leurs cultures de rentes sources de rentrées de devises plutôt qu’à développer une agriculture familiale capable de nourrir leurs populations. La plupart de ces pays ont réduit leurs budgets consacrés à l’agriculture. Dans une perspective de migrations climatiques importantes en Afrique il serait opportun de favoriser le développement d’une agriculture familiale apte à assurer la sécurité alimentaire du continent. Il conviendrait de renforcer la priorité accordée aux politiques agricoles africaines et de relancer l’investissement dans les agricultures des pays africains. Selon M. Jacques Diouf, Directeur général de la FAO : « il est nécessaire de faire remonter la part de l’investissement agricole dans l’aide publique au développement de 5 % à 17 %, qui était le niveau d’avant 1980, afin de permettre aux agriculteurs africains de créer des réseaux d’irrigation et d’acheter des semences améliorées. Selon les experts de la FAO, 3O milliards de dollars d’investissements agricoles seraient nécessaires chaque année pour faire une « révolution verte » en Afrique et réduire de moitié le nombre de sous alimentés. La relance de l’investissement agricole en Afrique permettrait d’augmenter la productivité agricole qui est faible, en facilitant la modernisation des techniques de production et en utilisant des engrais[15]. Cela aurait pour effet de redonner du tonus aux sols africains très appauvris car surexploités du fait de la croissance démographique et de ralentir la désertification. Relancer une agriculture vivrière africaine productive en Afrique aurait l’avantage d’éviter que les populations détruisent les écosystèmes pour survivre.
- L’intégration régionale : mécanisme obligé de gestion des migrations
La CNUCED rappelle dans son rapport sur le développement économique en Afrique publié le 25 juin 2OO9 que « l’intégration régionale demeure une priorité absolue pour les pays africains ». Si des raisons économiques sont surtout invoquées pour justifier l’intégration régionale de l’Afrique, avec les perspectives de migrations environnementales l’intégration régionale s’impose pour des raisons écologiques. Pour être efficaces les stratégies de maîtrise des migrations par les pays africains devront être conçues et appliquées dans le cadre d’une union entre pays d’un même secteur, surtout si ces migrations sont soudaines et massives. Les migrations auront lieu principalement dans des pays limitrophes aux catastrophes. Les pays concernés auront besoin de mettre en commun leurs moyens administratifs, techniques, et financiers, pour parer aux bouleversements provoqués. Un cadre coopératif régional serait à même de permettre grâce à l’élaboration de stratégies déterminées à l’avance d’anticiper sur un plan logistique et juridique l’accueil des réfugiés dans la région et la sous région, en fonction des possibilités existantes, et en liaison avec les sociétés civiles. Dans ce cadre régional pourraient être crées des «cellules de réflexion locales sur les migrations climatiques », [16]des« Centres climatiques régionaux », des « Fonds régionaux pour la protection et la réinstallation des migrants ».[17] L’Union africaine en collaboration avec les Unions régionales existantes sur le continent pourrait peut-être commencer à élaborer une stratégie susceptible de remédier aux bouleversements que provoqueront les migrations. Peut-être pourrait-elle aussi par exemple créer sous son contrôle des « Observatoires régionaux du climat et des migrations » ? Le Comité Inter Etat de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS) joue un rôle important dans le combat contre les aléas climatiques dans cette zone. Cette institution est un exemple de coopération régionale réussie en Afrique. Il serait peut-être envisageable par exemple de la doter de compétences supplémentaires recouvrant les migrations climatiques. Le recours au cadre régional en Afrique comme moyen de lutte pour la maîtrise des migrations doublerait d’efficacité s’il pouvait être relayé et soutenu dans ses actions par une structure continentale spécialement en charge de ces migrations. La création d’une « Organisation Mondiale de l’Environnement et des migrations climatiques » permettrait de traiter la question des migrations sous l’aspect global qu’exige leur complexité, et de coordonner les multiples sources de financement consacrées au climat.
-Des financements à prévoir
Les actions destinées à maîtriser en Afrique tant le réchauffement climatique que les migrations environnementales nécessiteront des financements très importants. Un rapport de l’ONU du 29 mai 2009 estime que pour parer aux conséquences de ces nuisances il faudrait multiplier par cent l’argent actuellement engagé. Selon Kofi Annan, Président du « Forum Humanitaire », pour remédier aux besoins de la cinquantaine de pays, dont beaucoup sont en Afrique, qui devront faire face aux migrations climatiques il faudrait prévoir au moins 500 milliards de dollars. [18] Malgré le contexte actuel d’accroissement du déficit budgétaire des Etats du fait de la crise économique et de baisse de l’aide au développement, des solutions devront être trouvées pour financer les efforts d’adaptation au changement climatique et de gestion des migrants climatiques par les pays africains. La question les concernant est un problème d’ensemble qui ne saurait être correctement appréhendé à défaut d’une coopération internationale assortie de solidarité financière.[S1] [19]Au sommet de Copenhague en décembre prochain le problème de ces migrations devrait être traitée à part entière. Il serait souhaitable que les pays du Nord en concertation avec ceux du Sud, et particulièrement avec ceux d’Afrique, prévoient des mécanismes d’aide assortis des moyens financiers adéquats qui permettront aux pays en développement de s’adapter aux migrations climatiques. Selon L. Craig Johnstone, Haut Commissaire des Nations -Unies pour les réfugiés : « Il faudrait qu’à Copenhague des financements soient prévus pour préparer les pays aux catastrophes naturelles car cela permettrait d’économiser de l’argent sur le long terme ». Stavros Dimas, commissaire en charge de l’environnement à l’Union européenne estime qu’il faudrait consacrer à cet objectif 100 milliards d’euros par an à partir de 2020. Le recours à des financements spécifiques, ou à des financements innovants, pourrait être une idée à explorer. Inclure dans les plans de relance des pays occidentaux attribués à l’Afrique pour remédier aux conséquences de la crise économique des investissements massifs destinés à la lutte contre le réchauffement climatique et à la maîtrise des migrations écologiques serait probablement utile. L’aide au développement de la communauté internationale en direction de l’Afrique ne suffira pas à financer les défis posés par les bouleversements climatiques sur ce continent. Il conviendrait que les acteurs de la coopération internationale entreprennent des opérations qui ont un fort effet de levier sur cette aide, et qu’ils concentrent celles-ci dans des zones géographiques africaines où les potentialités de migrations climatiques sont les plus grandes. Peut-être serait-il opportun que la Banque mondiale prenne d’avantage en compte dans ses programmes d’aide destinés à l’Afrique la question du climat et des migrations climatiques.
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La crise a rappelé qu’avec la mondialisation tous les pays du monde étaient interdépendants sur le plan économique et financier. Les bouleversements climatiques de plus en plus fréquents sur la planète préviennent que dans l’avenir dans le monde la sécurité des uns dépendra de celle des autres. Les turbulences de l’économie mondiale comme celles du climat enseignent que dans le futur une gouvernance mondiale bâtie sur de nouvelles structures au sein desquelles l’Afrique aurait sa juste place serait une opportunité pour veiller à préserver la paix sur terre.
Didier Doucet
Ancien membre de la « Section des relations extérieures » du Conseil Economique, Social, et Environnemental
Ancien Conseiller au Haut Conseil de la Coopération Internationale
Professeur à l’Institut d’Etudes Européennes
Chargé de mission au Centre d’Analyse Stratégique (Premier Ministre)
[1] Structure productrice de statistiques américaines.
[2] Selon le professeur Hans Schellnhuber, Directeur de l’Institut de Postdam pour la recherche climatique.
[3]Par exemple suite aux inondations qui viennent de se produire au Burkina - Faso des jeunes africains qui faisaient du maraîchage ont été obligés d’aller dans d’autres zones et de négocier de la place pour pouvoir reprendre leur activité.
[4]Conclusion des auteurs du rapport intitulé « Climate change as a Security Risk » réalisé par le Conseil consultatif Allemand sur les changements climatiques.
[5] Audition du 30 janvier 2008 à l’Assemblée Nationale.
[6]L’Objet de cette structure est de favoriser l’investissement dans des technologies respectueuses de l’environnement.
[7]Dans son rapport sur « l’état des forêts dans le monde » publié le 16 mars 2009 l’Organisation des Nations -Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) rappelle la nécessité de protéger les forêts, particulièrement les forêts africaines et souligne les effets que la bonne gestion des forêts pourrait avoir en matière de créations d’emploi ».
[8] Le Burkina-Faso a fait des aménagements simples et peu coûteux au moyen de techniques traditionnelles qui permettent de faire reculer la désertification.
[9] Le Congo, la RDC, le Cameroun, le Gabon , la Guinée Equatoriale, la Centrafrique.
[10] Le but de cette agence est de lutter contre la désertification en plantant un couloir de végétation de 7OOO kms qui traverse l’Afrique d’Ouest en Est, de Dakar à Djibouti.
[11]Une opération de reboisement de la mangrove a été entreprise en Casamance dans le delta du Saloum. 6 Millions de palétuviers ont été plantés. Il est prévu d’en planter à l’avenir 30 millions.
[12]Le mécanisme de développement propre (MDP) permet d’apporter des ressources nouvelles aux pays du Sud tout en réduisant l’intensité carbone de leurs économies et en préservant leurs ressources naturelles. Il a l’avantage pour pays du Nord de remplir à moindre coût leurs engagements au regard du protocole de Kyoto.
[13]Un autre projet programmé par un consortium allemand prévoit de lancer un grand chantier de centrales thermosolaires en Afrique subsaharienne : l’électricité arriverait en Europe après avoir transité par des lignes à haute tension. Celle-ci pourrait couvrir jusqu’à 15% des besoins de l’Europe en électricité d’ ici 2025, selon des conditions de réciprocité avec les pays africains concernés par ce projet.
[14] Le rôle des PANA est d’aider les pays d’Afrique à identifier et à classer par ordre d’importance les priorités d’adaptation au climat.
[15] L’initiative prise en 2009 par le Sénégal en matière agricole et de sécurité alimentaire est intéressante. Ce pays s’est lancé dans la production de riz. Il a favorisé pour cela l’utilisation des engrais et le développement des investissements dans ce secteur. La production de riz a augmenté en 2009 de 90 % par rapport à 2008. Cela permet au Sénégal d’éviter des importations de riz tout en assurant la nourriture de sa population.
[16] Ces cellules de réflexion en raison de leur parfaite connaissance des coutumes, des ethnies, des religions, et du terrain africain, effectueraient des recherches et proposeraient des solutions pour faire face aux migrations environnementales.
[17] Ces fonds régionaux permettraient d’aider les pays africains à offrir à leurs réfugiés la protection nécessaire.
[18]Selon Rob Vos, directeur du département des affaires économiques et sociales de l’ONU : « Il faudrait investir chaque année dans l’atténuation du changement climatique et dans l’aide à l’adaptation des pays pauvres aux migrations environnementales 1% du PIB mondial, soit plus de 500 milliards de dollars ».
[19] Lors du Forum des économies majeures qui s’est tenu à Paris le 26 mai 2009 l’idée «d’un fonds vert » destiné à financer des actions d’adaptation au changement climatique a été lancée par le Mexique. Tous les pays abonderaient ce fonds en fonction du degré de leurs émissions et en fonction de leur produit intérieur brut (PIB ).
[S1]ncements